Tumblr Mouse Cursors
Memory Luxury

Je sais que tu sais.

Que tu te sens concerné par chaque post, par chaque phrase, par chaque photo, par chaque ligne écrite de ma main. Que tu me sais malheureuse mais que tu t’en contrefous tellement, que tu ne feras rien pour tenter de mettre tout ça à plat.
Je suis fatiguée d’avoir trop essayé, que tu te sentes gagnant et que quand ça n’aille pas dans ton sens tu m’abandonnes. Tu pourras dire “cause à effet” mais tu ne pourras pas me reprocher d’avoir tout donné pour tenter de rester dans ta vie.
Si je ne dois plus rien savoir alors qu’il en soit de même des deux côtés.
Pour reprendre ton expression; GL&HF.
Adios. 

Burn baby, burn.

Les vapeurs éthyliques m’enveloppent, m’enivrent, me bercent et vont même jusqu’a guider mes mots.
Je me souviens de tout, du pourquoi du comment, de la clé du problème, du moment fatidique où tout a commencé a couiller. Je me souviens du bruit de tes pas lourds faisant crisser les gravillons de l’entrée tandis que tu t’essayais tant bien que mal a être rassurant, en me disant que “ne t’en fais pas, tout ira bien”. C’est faux, tu sais que depuis ce jour je suis morte de l’intérieur. Tu étais le seul a l’avoir saisi, je voyais des choses qu’elles ne savaient pas, on avait le lien le plus étroit du monde, j’étais ta chair et ton sang et visiblement je voyais à travers toi.
Dix ans ont passé, crise d’adolescence est devenue mon alliée quotidienne et je te déteste de tout mon coeur. Je suis assise sur cette immondice de couette jaune et bleue qui fait toujours partie du décor. Tu viens de me fracasser la tronche d’une manière monumentale parce que sous le coup de la colère, j’ai fait un trou dans le mur. Je te hais de me provoquer du regard, de voir le vide dans le fond de tes yeux et de n’y contempler que mon propre reflet. J’ai des sueurs froides, je la supplie en pleurant de venir me chercher, je tremble, je veux te voir mort. Cette rancoeur est désormais immuable et a déterminé plein de facteurs divers qui me poussent au dépassement de moi et à toujours prendre la vie comme un jeu.




Je me suis façonné ce personnage mi égaré mi blessé de jeune fille totalement ambivalente et paradoxale qui évolue dans un monde bien trop crasseux et néfaste pour elle. De l’autre côté de mes yeux bleus, je revis chaque jour la tempête, les cris, les départs, les larmes, l’abandon.
Dix-sept ans, je parviens a obtenir ce baccalauréat, celui pour qui tout le monde ne me croyait pas assez appliquée. Je porte un regard tout neuf sur la vie, j’ai beaucoup trop de distance avec le monde qui m’entoure et qui me berce en son sein. Je veux partir, vivre, briller enfin si je le puis à ma manière.

Puis il y a eu lui, soft hands. Son coeur lourd, le contraste frappant entre la rudesse de son esprit et la pureté de son âme, mon bien être, mon oasis, tantôt ma berceuse tantôt ma tornade. Il y a eu lui et ces milliers de maudits lépidoptères dans mon estomac dès l’instant que son sourire venait a me brûler la rétine, lui pour qui bien trop de soirs j’ai eu les yeux embués plus que de raison. J’étais forte, on était les meilleurs, lui et moi contre le monde pourtant vois comme j’ai pris un malin plaisir a tout écraser et a réduire son organe vital à l’état de poussière. Sa haine m’empêche désormais de vivre convenablement et me tue un peu plus chaque jour. Je me souviens de ces fois où nous nous reposions dans l’escalier pour échanger des anecdotes banales sur notre semaine, de tous ces confettis dans nos vies en se disant que l’on a bien le temps, que la vieillesse on l’encule parce que de toutes façons on s’aimera toujours et que Nothing else matters.

Après ça, deux mille douze a débarqué avec ses gros souliers et les emmerdes avec.

Mais cet autre “lui” a pointé timidement le bout de son nez, m’a réchauffé de l’intérieur, m’a fait retrouver le goût des plaisirs simples, épicurienne d’un jour je me faisais dans ses bras robustes. Il avait un goût de tendresse et de thé au biscuit. Personne n’avais jamais pris la peine d’à la fois m’écouter ni me secouer ainsi. Personne n’était parvenu a me hurler dessus ni m’infliger des bleus à nouveau depuis toi. Cette sensation de merveilleuse douleur retrouvée, petit bout de conflit, miette de souffrance à l’arrière goût de madeleine de Proust. Cette fois ci je veux gagner une bataille, pousser le vice jusqu’au bout, je me dis qu’une fois de plus on ne me marchera pas sur les pieds, je me laisserai jamais plus réduire à néant.

Alors je ne sais pas comment j’ai fait mais j’ai tout gâché. Tchernobyl dans ma tête, le no man’s land dans mon coeur… Comment regagner quelque chose qu’on a autant malmené inconsciemment? Je ne veux pas commettre la même erreur que pour Soft hands, je dois le récupérer. Peut être qu’à force de skittles violets j’y parviendrai. Si je pouvais j’oublierais tous ces tournants, tous ces hauts et ces bas, toutes ces coupures, ces vomissures, ces gens trop peu méritants, ces profiteurs. Je brûlerais tout et recommencerais depuis le début. A l’image du phoenix je voudrais tout recréer, assise sur le tas de cendres pathétiques qui représenterait ma vie et ne plus jamais entendre le maudit crissement de tes pas dans cette putain d’allée.